Les Jeux vidéo : absurdité pour enfants et adulescents ou “vraie” culture ?

À quelques semaines de la sortie d’un jeu que j’attends depuis cinq ans et au sein duquel j’ai envie de me perdre pendant des mois, je me rends compte que très peu de mes proches connaissent ou s’intéressent à ce Mass Effect Andromeda. Tandis que le titre débarque en mars, qu’il commence à y avoir un marketing assez fort autour de lui et que je sais pertinemment que c’est un évènement espéré par de très nombreux fans, ces derniers sont difficiles à dénicher dans notre monde réel. Alors qu’au contraire, beaucoup trop de gens s’enflamment pour une histoire de Jedi qui ne sortira au cinéma qu’à la fin de l’année, et dont nous n’avons à peine vu que le titre en rouge sur fond noir. Tout ça ne me paraît pas très équitable. Que dois-je en penser ? Le jeu vidéo est-il à ce point boudé par les gens ?

Vaste domaine que celui des jeux vidéo. Une économie qui est plus conséquente que l’industrie du porno ou du cinéma. Et pourtant, j’ai en permanence cette impression que c’est un secteur tellement méconnu et plein de préjugés. À vrai dire, à part mon frère et quelques-uns de mes amis, je ne pourrais citer personne qui ait une culture correcte — même partielle — de l’univers vidéoludique.

Et donc, sans grande prétention, j’aimerais essayer de convaincre ceux qui n’ont pas forcément un avis fermé sur la question que le jeu vidéo c’est pas juste “cool”, mais ça peut être grandiose, épique, bouleversant, intime. Et aussi source de réflexion et d’inspiration dans nos vies. Rien que ça !

Dis-moi à quoi tu joues, je te dirai qui tu es

Demandez à n’importe qui son film, son livre, son auteur ou son réalisateur préféré. Tout le monde pourra vous donner des noms, des titres et des raisons pour lesquels une œuvre est meilleure qu’une autre ou un artiste plus talentueux qu’un autre.

En revanche, demandez à quelqu’un de vous citer son jeu vidéo préféré ou son studio fétiche, et sans vouloir caricaturer — bon, OK, un tout petit peu alors ! —, les réponses seront plus généralement de l’ordre de : “ah, tu parles de Candy Crush, Mario, tout ça ?”

C’est bien triste !

C’est certainement pas Max et Chloé (de Life is Strange) qui diront le contraire.

Pour simplifier la problématique, distinguons quatre profils principaux :

  • Le joueur qui se dit joueur quand il croise un vrai joueur, alors qu’en fait, il ne l’est pas du tout (joueur) !

Ça, c’est “monsieur et madame tout le monde”. Dans les transports en commun, sur son téléphone à mille deux cents balles, il ou elle va aligner les billes ou carrés de couleurs pour faire exploser des lignes ou des colonnes de trucs, dans des gerbes bariolées et agressives. Rentré à la maison, il/elle ouvre son Facebook pour arroser ses trois pommes de terres et planifie déjà ses plantations de carottes pour le lendemain matin, lorsque le compteur de temps le lui permettra à nouveau.

Je ne commenterai pas davantage cette catégorie. Sinon que si ces non-jeux “gratuits” en détendent certains, et bien c’est très bien, il n’y a pas à avoir honte. Mais vous n’êtes pas des joueurs pour autant. Soyons honnêtes.

  • le joueur occasionnel : “casual gamer”

Il — ou elle hein, je n’essaie pas d’être sexiste à tout prix — aime bien les jeux un peu plus chers, qui demandent légèrement plus de matériel. PC ou console, ce type de joueur apprécie se faire des petites parties rapides de jeux qui sont suffisamment faciles à appréhender et ne génèrent pas la frustration que l’on peut ressentir sur les titres plus exigeants. Il aime pouvoir éventuellement revenir en arrière de quelques secondes pour recommencer sa dernière action et éviter de mourir dans ce piège fourbe auquel il n’avait pas été attentif. Et surtout, il ne faut pas que l’histoire soit trop complexe parce que de toute façon, à coup de vingt minutes par-ci, une grande heure par-là, il n’a pas le temps de se plonger dans son jeu. C’est un défouloir, c’est rapide, ça sauvegarde la progression sans que l’on ait besoin de se poser la question, c’est idéal après une dure journée de boulot.

Je ne vous cache pas que j’ai de plus en plus tendance à entrer dans cette catégorie confortable !

Mirror’s Edge Catalyst – un excellent titre pour casual !
  • le hardcore/pro gamer

Souvent amateur de titres multijoueurs compétitifs, il va passer des heures à améliorer son skill. Un vrai entraînement avec la même rigueur et les mêmes challenges qu’un sportif de haut niveau : performance, régularité, précision, etc. Que ce soit dans un jeu de tir, de stratégie ou de course automobile, le jeu pour lui, c’est du sérieux.

Je ne suis pas du tout dans cette catégorie d’ailleurs. Mais pour fréquenter quelques joueurs de ce type, je dois dire que je suis impressionné par le dévouement dont ils font preuve pour gagner trois dixièmes de seconde sur un tour d’Imola et préserver, voire améliorer encore ce chrono. Leur patience et leur passion force l’admiration. Presque autant que la patience de leurs compagnes, d’ailleurs !

Et au-delà de l’investissement en temps, le coût financier peut également s’avérer colossal !
  • le joueur passionné

Pour lui et pour moi aussi d’ailleurs, le jeu vidéo c’est souvent à propos de l’histoire, la narration, l’univers à découvrir. Il vit ses aventures, parcourt des plaines à cheval pendant des dizaines d’heures afin de chasser de vilaines sorcières, il explore la galaxie et résout des conflits interespèces à l’aide de son équipage, dans son vaisseau spatial futuriste.

Et c’est bien sur cette dernière catégorie que je vais terminer cet article et essayer de vous inviter à la découverte de ces mondes.

Une source d’inspiration sans limites

Parce que c’est ça aussi, ces jeux qui nous bouleversent, nous épatent, nous font pleurer et nous font vivre la rage, la terreur et la joie que ressentent leurs protagonistes. Et lorsque l’on vit ça, dans un Mass Effect, un Life is Strange, un Witcher ou un Alien Isolation, on se sent tellement plus transporté que devant un film ou un livre — aussi brillants soient-ils. On a la sensation d’avoir fait partie de cette histoire, d’y avoir été au cœur même, d’avoir pris des décisions difficiles et déchirantes et d’en être arrivé à une conclusion parfois heureuse, parfois fabuleusement triste et déprimante.

L’attaque de la Terre dans Mass Effect 3. Et il ne s’agit que du début de l’aventure !

Et s’il est vrai que je m’inspire beaucoup de films et séries pour créer mes histoires, il est indéniable que mes vingt-cinq ans de jeux vidéo m’ont également forgé une sensibilité et m’ont fait vivre des expériences et des émotions que je ne cesse d’exploiter dans mes récits.

Donc que vous soyez artiste ou non, si vous avez un peu de temps, je ne peux que vous conseiller de vous intéresser un peu à ces jeux à l’histoire riche ou à l’efficacité incroyable — parce que le scénario d’Alien Isolation n’est pas folichon, mais il vous faudra une sacrée dose de courage pour parcourir tous les couloirs de la station Sevastopol.

Et j’ai été déjà assez long comme ça, mais je suis obligé d’évoquer également les jeux indépendants faits par des passionnés avec aussi peu de ressources qu’ils sont ingénieux et rafraîchissants. Tout comme ces “trucs” qui sont plus des expériences poétiques que des jeux à proprement parler — ah, “Dear Esther”, quelle belle découverte.

Il y a les simulations de tracteurs ou de semi-remorques, pour les mordus et enfin, les jeux tellement violents ou dérangeants qu’on ne peut que s’offusquer de leur existence alors que l’on devrait pourtant se réjouir que sur ce média, il y ait encore une vraie liberté d’expression. C’est d’ailleurs peut-être justement cela qu’il manque aux autres divertissements, aux autres médiums de culture : l’étincelle de folie qui n’est propre qu’au jeu vidéo.

Alors s’il vous plaît, appuyez sur “START” !

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