Rendez votre maison intelligente – partie 2

Suite de cette petite série de trois articles sur la domotique au travers d’une technologie largement éprouvée, peu onéreuse et open source : Domoticz sur un serveur Raspberry Pi.

Après avoir vaguement effleuré le concept, avoir décrit le matériel nécessaire et évoqué succinctement les possibilités — dans la première partie que vous trouverez ici : https://www.stephanebehr.fr/2019/04/20/rendez-votre-maison-intelligente-partie-1/ —, je vais être plus explicite et même si cela ne va pas être un tutoriel à proprement parler, je vais quand même tâcher de vous guider un peu plus et citer et expliquer des cas concrets. Commençons par le début, juste après que vous ayez installé un serveur Domoticz sur votre Raspberry Pi.

Réglages/Matériel

C’est la première page de Domoticz à connaître.

Et il est très important de faire la distinction entre les « matériels » et les « dispositifs ». Les premiers sont les équipements directement connectés (en USB, en WiFi, en GPIO) à Domoticz. Et c’est depuis ces matériels que l’on contrôle les « dispositifs » : éclairages, prises télécommandées, sondes, capteurs, interrupteurs et tout le bazar.

Pour le moment, et si vous ne l’aviez pas fait précédemment, il s’agit de configurer notre matériel : l’antenne RfxTrx. Et si elle est bien branchée en USB sur le Raspberry — ou votre serveur, quel qu’il soit —, il n’y a qu’à remplir ces informations et cliquer sur « ajouter » :

Ensuite, selon les équipements/dispositifs que vous allez installer et selon les protocoles utilisés par ces interrupteurs/sondes/prises/etc. — souvenez-vous, dans la partie 1 je vous expliquais qu’un très long tableau décrit tout ceci, dans le PDF de RfxCom : http://www.rfxcom.com/WebRoot/StoreNL2/Shops/78165469/MediaGallery/Downloads/RFXtrx_User_Guide_-_FR.pdf —, vous pouvez aller dans « régler le mode » de votre matériel fraîchement ajouté, et sélectionner uniquement les protocoles dont vous avez besoin.

Cela ne sert à rien (et c’est peut-être même source de problème) d’activer des protocoles que vous n’utilisez pas. Soyez donc précis dans cette configuration.

Vous noterez d’ailleurs qu’à partir de cette page vous pouvez aussi mettre à jour le Firmware de votre RfxTrx. Et je vous conseille de le faire occasionnellement. De nouveaux protocoles, de nouvelles fonctionnalités sont ajoutés de temps en temps, ça vaut le coup de vérifier — 2/3 fois par an, pas plus.

Réglages/Dispositifs

Et maintenant, il est temps de faire vraiment des trucs avec cette domotique. De piloter des appareils, des lampes, de vérifier la température du salon et tout ça… Donc, ajoutons nos dispositifs !

Il y a deux façons de procéder, selon le dispositif que vous voulez enregistrer :

Vous pouvez aller dans réglages/paramètres et cliquer sur le gros bouton rouge « Autoriser pour 5 minutes ». Et à partir de là, s’il s’agit d’une sonde qui pousse ses mesures (température, humidité, etc.) l’information va remonter automatiquement et votre équipement apparaîtra dans le tableau des dispositifs « inutilisés ». Il ne vous reste qu’à cliquer sur la petite flèche verte pour l’intégrer à vos dispositifs actifs — en lui donnant un joli nom au passage.

Notez que s’il s’agit d’un interrupteur on/off ou que vous avez un bouton « link » sur votre appareil, essayez de jouer avec ça jusqu’à ce que celui-ci soit également visible dans vos dispositifs inutilisés.

En revanche, si votre dispositif — et plus particulièrement votre prise télécommandée — ne possède pas de bouton on/off ou « link » qui pourrait envoyer un signal et être capté par Domoticz, cela ne sert à rien de mettre votre serveur Domoticz en mode écoute et il va vous falloir ajouter votre appareil à la main grâce à votre connaissance parfaite du protocole qu’il emploie et de ses codes « maison » et « unité »… Là encore, le PDF de RfxCom est étonnement riche en information, mais quand même, ça demande de creuser pas mal. Ça se passe donc depuis la page « Interrupteur »/« Ajout manuel » :

Bravo, vous avez enregistré tous vos bidules, et vous pouvez donc vérifier s’il fait chaud/froid, humide/sec dans toute votre habitation, tout comme vous pouvez désormais allumer/éteindre toutes vos lumières en cliquant sur les petites icônes — que vous pouvez changer pour autre chose que des ampoules si vous le souhaitez.

Voici une partie de mes sondes de température/humidité – La sonde “Jarvis” à 41,2°C est celle du Rasperry Pi, sur le processeur.
Et un petit échantillon d’interrupteurs.

Scénarios

Continuons avec un truc pas trop complexe, les scénarios. Ils se présentent sous deux formes : les groupes et les scènes. Les premiers, les groupes, disposent d’un bouton « ON » et un bouton « OFF ». Ils permettent de rassembler tout un tas d’interrupteurs ce qui fait que lorsque l’on allume ou qu’on éteint le groupe, tous ces interrupteurs sont allumés/éteints en même temps. On peut imaginer un groupe « salon » qui va piloter tous les éclairages de votre espace de vie en une unique commande. Ou pourquoi pas, si vous entendez un bruit chez vous, la nuit, une fonction « panic » qui peut instantanément allumer toutes les lumières de votre foyer. Il y a de quoi impressionner un cambrioleur qui passerait par là.

Les scènes sont plus intéressantes, je trouve. Elles ne comportent qu’un seul bouton, mais pour tous les éléments que l’on y intègre, on peut choisir si on veut l’activer, l’éteindre, définir l’intensité — si le dispositif le permet — voire la teinte. Et là, le cambrioleur, avec toutes les lumières qui s’allument couleur rouge sang, il risque de se faire un peu dessus, je pense !

Dans cet exemple, il y a un tas d’éclairages RGB « Mi-Light » … on en parle au prochain article 😉

Mais au-delà de chasser les nuisibles, les scénarios peuvent vous créer des ambiances : éteindre les lumières crues et tamiser facilement les autres en début de soirée, passer la maison en mode « nuit » lorsqu’il est l’heure de dormir (extinction de tous les éclairages + activation des détecteurs d’ouverture des portes extérieures)… Ah, mais si seulement on pouvait automatiser tout cela !

Automatisation des tâches : événements

Là on aborde un très gros morceau de Domoticz, comment faire en sorte que ce système qui a toutes les données en entrée (heure, température, capteur de présence activé ou non, etc.) sache également piloter tout seul et de façon cohérente les sorties (lumières, chauffage, volets, etc.)

Tout se passe depuis la page Réglages/Plus d’options/Événements :

Domoticz vous propose plusieurs types d’événements. Du plus simple au plus complexe — et donc, du plus limité au plus riche :

  • « Blocky ». Méthode visuelle pour modéliser facilement vos boucles logiques et connecter vos variables d’un côté, vos interrupteurs de l’autre. C’est très bien foutu, il y a un code couleur, les blocs ont des formes de puzzle ce qui fait qu’il est très aisé d’utiliser et de relire ces scénarios. Par exemple, voici mon scénario de simulation de présence dans le salon :

« Absent » correspond à mon interrupteur qui active/désactive la simulation de présence. Et le reste coule de source.
  • « LUA », langage de script pas trop compliqué, mais qui demande quand même de connaître la logique de programmation pour réussir à faire quelque chose de propre. On peut utiliser tout un tas de commandes, de fonctions, sortir de la couche « domotique » pour aller récupérer des infos côté système, c’est très pointu.
  • « DzVents », une sorte d’évolution de LUA. La syntaxe est un peu plus simple que ce dernier, les fonctionnalités sont similaires. Si vous devez vous lancer dans un de ces deux langages, préférez celui-ci.
  • « DzVents », une sorte d’évolution de LUA. La syntaxe est un peu plus simple que ce dernier, les fonctionnalités sont similaires. Si vous devez vous lancer dans un de ces deux langages, préférez celui-ci.
  • « Python », pour le coup, c’est clairement le plus ardu, mais aussi le plus complet. Python est un vrai langage de programmation, il permet de faire beaucoup de choses et un paquet d’applications sont développées en Python. Donc avec ça, peu importe la complexité de votre scénario, Python sera à la hauteur du job.

Puis, pour chacun de vos événements, vous choisissez si vous voulez qu’ils soient exécutés chaque minute, ou en cas de modification quelconque du moindre de vos dispositifs (capteur, interrupteur, etc.).

Et bravo, vous pouvez désormais créer vos automatismes en fonction de l’heure et du jour de la semaine, en fonction de l’état de vos détections de présence, lorsqu’une sonde de température indique une certaine valeur, etc.

Continuez à chercher, soyez curieux !

Il y a encore bien d’autres possibilités, notamment les matériels et interrupteurs virtuels, les variables utilisateur — que vous pouvez exploiter dans vos événements —, les services de météo comme « Dark Sky » https://darksky.net/forecast/48.8566,2.3515/ca12/fr qui vous proposent — gratuitement — d’ajouter des sondes météo à votre Domoticz :

Mais puisque je vous dis que tout ceci est gratuit !

Configurez vos coordonnées GPS pour que Domoticz puisse vous dire avec précision l’heure du lever et du coucher du soleil — qui vous servira aussi dans vos événements —, activez des notifications par mail pour être informé lorsque votre sonde de consommation électrique détecte un pic tandis que vous êtes en vacances (par exemple).

Enfin, jetez un œil aux plans, parce qu’il vous faudra savoir les utiliser pour aborder sereinement la troisième et dernière partie de cet article, prévue pour le 21/06 et qui traitera des éclairages Mi-Light, du contrôle vocal — avec les appareils de la gamme Echo de chez Amazon — et également de ce que vous pourriez faire de cette vieille tablette qui traîne dans votre tiroir alors qu’elle pourrait être une parfaite alliée à votre domotique.

À dans quelques semaines, pour faire de votre installation un système à la pointe de la technologie dont l’unique but est de vous rendre le quotidien plus confortable et de vous faire sentir plus exceptionnel — rien que ça !

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