J’ai 36 ans !

Oui, bon. Ça paraît rien et c’est pas grand-chose effectivement. Je ne vais pas trop partager mes cadeaux d’anniversaire, mais plutôt les questions que je commence à me poser sur mon existence et le monde qui m’entoure. Des sujets vachement personnels donc et pas forcément passionnants, accrochez-vous bien !

Précrise de la quarantaine ?

Non, je ne pense pas. Je ne suis pas en train de vouloir m’acheter une vieille 911 d’occasion histoire d’avoir moi aussi mon « flat six » vintage pour aller draguer les gamines — majeures, tout de même — à la sortie du lycée. Je n’ai pas envie de tout plaquer pour prendre un appart’ rien qu’à moi, porter des vestes en cuir noir brillant et m’inscrire sur Tinder…

Donc non, de ce côté ça va plutôt bien, merci.

Mais bon, comme je l’ai dit en titre, je n’ai que 36 ans. Et je commence à me dire qu’il serait temps que je me débarrasse de cette petite couche de graisse peu esthétique qui enveloppe un peu trop mes abdos pas assez développés. Je pense qu’on refera le point dans quatre ans, sur ma silhouette et sur mon possible craquage !

Ouais, mais ça demande des efforts, ce genre de physique, non ?

Suis-je quand même un vieux con ?

Alors ça par contre, c’est carrément probable !

Comprenons-nous bien, je suis quelqu’un de super ouvert, très tolérant, j’accepte tout et tout le monde. Je ne suis pas raciste, pas sexiste, pas homophobe, je ne crois pas en un dieu unique qui serait tout puissant alors que les autres ne seraient que des contes de fées — pour tout dire, la religion, je m’en balance !

Je ne suis pas membre d’un parti politique, je n’ai rien contre les gilets jaunes ni contre les écolos, les joueurs de Fortnite ou les fans de Game of Thrones… Alors on pourrait penser que je me fous de tout… et c’est assez vrai ! Mais d’un autre côté, je respecte tout le monde, je vis en harmonie avec mes voisins — qui sont sympathiques et que j’apprécie d’ailleurs —, j’essaie de ne pas imposer ma liberté en lieu et place de celle d’autrui. Donc voilà, j’ai reçu une éducation plutôt correcte et je fais de mon mieux pour inculquer ces mêmes rudiments de bienséance à ma progéniture.

Ben alors ?

Oui, mais… je me rends compte occasionnellement que, comme les vieux cons, il m’arrive de faire des raccourcis — « vieux cons » en étant déjà un.

Par exemple, j’ai beau être tolérant et accepter que nous soyons tous différents, je ne peux m’empêcher de penser que les gens qui regardent TPMP sont de parfaits crétins. Et au fond de moi je sais que c’est faux — au moins partiellement. Je sais aussi que la musique d’aujourd’hui n’est pas forcément — pas exclusivement — pour les débiles, que les vegans, même s’ils sont extrêmes, n’ont pas tout à fait tort sur le fond. Et les Américains ne sont pas non plus tous des cancres en géographie et des attardés qui offrent la Maison-Blanche au premier imbécile venu.

D’ailleurs, nous tous, accrocs aux réseaux sociaux, aux instagrams et autres snapchats, qui passons notre temps enchaînés à nos smartphones à mendier des likes et des vues sur nos photos ridiculement banales et outrageusement maquillées de filtres cache-misère… nous ne sommes pas si superficiels et inintéressants non plus. Nous avons chacun nos passions, nos connaissances, nos espoirs et nos sensibilités. Même ceux et celles qui roulent à 80 km/h sur les routes, sous prétexte… qu’elles sont limitées à 80 km/h ! Pffff !

Mais ça me demande un effort considérable de remettre tous ces raccourcis en question et de regarder chacun de ces points avec un angle de vue différent. Et je n’en ai pas toujours envie. Je suis donc bien ce que l’on appelle communément un vieux con.

Alors, rassurez-vous, je paie aussi quotidiennement le prix des raccourcis de mon entourage : je ne suis qu’un informaticien, donc je ne sais pas ce que c’est que de travailler pour de vrai. Et puis je suis également un geek, donc je passe forcément mes nuits sur des jeux vidéo. Et enfin, puisque, je bosse à mon compte, je suis nécessairement millionnaire. Évidemment !

Passé l’énervement de subir ces idioties, je me dis que c’est dommage. C’est vraiment dommage que nous ayons tous des idées préconçues sur ce dont nous ne sommes pas familiers. Nous gagnerions tous à être plus attentifs, plus enclins à remettre nos opinions biaisées en question. Bref, ça serait tellement mieux si nous n’étions pas tous des vieux cons.

Bilan à mi-chemin

Comment pourrais-je savoir si je suis à mi-chemin ? Le terminus est peut-être pour dans dix ans, dix jours… dix minutes ? — bon, là, ça fait flipper ! Ou bien je pourrai vivre cent ans, voire davantage, grâce aux progrès permanents de la science. Peut-être même ne mourrai-je jamais ! Il y en a bien qui pensent que le premier homme — ou la première femme — qui sera immortel est déjà né. Et pourquoi ça ne serait pas moi ?

Je vous la sers avec ou sans duels barbares et inutiles, la vie éternelle ?

Faisons quand même un rapide état des lieux, même si j’ai de toute évidence encore quelques millénaires pour corriger mes ratés et erreurs de parcours…

Déjà, je suis content de ce que j’ai et d’où j’en suis dans ma vie. J’ai eu une enfance agréable, je me suis beaucoup amusé et je continue à le faire. Mon métier d’ingénieur/expert en informatique me plaît et je suis même parvenu à développer tout un tas d’autres activités — qui ne m’ont jamais vraiment rapporté d’argent — autour d’autres passions, telles que la photographie, et plus récemment l’écriture.

Je suis marié depuis un petit moment et j’en suis très heureux. Ma femme est super et nos deux princesses sont géniales. Cette famille est clairement ma plus grande réussite de ce tiers de siècle.

Les trucs que j’aurais pu refaire ? Être moins timide étant ado et jeune adulte. Je pense que j’ai loupé de belles choses, je suis resté muet devant de jolies filles, je n’ai pas su me mettre en avant dans des circonstances qui auraient pu m’apporter du succès, de la reconnaissance. Mais bon, cette timidité s’est largement estompée avec les années et je n’ai plus ce handicap aujourd’hui. Alors, par contre, les jolies filles, pour d’autres raisons, c’est cuit désormais !

J’aurais aimé voyager davantage ces dix dernières années. Et quand j’écris davantage, c’est « au moins une fois, putain ! » À force de se dire « pas cette année, on n’a pas de sous, plutôt l’année prochaine »… eh ben on ne part jamais. Mais en même temps c’est vrai, cette année on n’a pas les moyens. Comment font les gens ?

Bon, c’est décidé, avant mes quarante balais, on se le fait ce putain de trip à Hawaii — et puis maintenant qu’on est quatre, ce sera tellement plus simple et abordable… non ?

un coucher de soleil sur Maui… putain… qu’est-ce que je fous en Seine-et-Marne ?

Et finalement j’ai beau chercher, il ne me manque pas grand-chose à ce stade. Je n’ai pas tellement vécu d’échecs pour le moment. Jusqu’ici en tout cas, c’est donc un bilan vachement positif.

Objectif pour les quarante piges

Voyager plus. Enfin… voyager tout court !

Ce qui serait délire, c’est que je puisse arrêter l’informatique ou alors bosser un à deux jours par semaine, ou deux/trois mois dans l’année, pour rigoler… mais que je vive d’autre chose. Idéalement, de mon écriture, sans contrainte d’horaire, sans autre besoin que celui d’étaler des mots pas trop idiots et qui racontent des histoires plus intéressantes que ce billet de blog. À raison d’un best-seller par an, ça serait extra.

Et puis bon, d’accord, tout compte fait, on s’achètera peut-être quand même une petite Porsche d’occaz et une veste en cuir noir, parce que faut pas déconner, ça complète bien le look Hank Moody.

Ah, le bon vieux rêve américain 🙂

Étiqueté , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.