Sommes-nous dans l’ère du mauvais goût ?

Est-ce que ce blog est une bonne idée ? Vraiment ? Vous avez remarqué qu’entre l’article sur Damien Saez et aujourd’hui, il s’est — encore une fois — passé un temps fou.

Et qu’est-ce que j’ai fait de ce temps ? Oh, presque rien :

Donc, je ne vais pas en conclure que c’est ce petit blog qui m’empêchait de faire des choses et que dès que je le mets de côté, je suis vachement plus actif… mais c’est une théorie à étudier quand même.

Sauf qu’on ne va pas parler de ça… il est temps de coucher une problématique qui me chatouille et me dérange depuis plusieurs mois.

Un sujet délicat

Je me suis pas mal posé la question. J’en parle ? J’en parle pas ? … Bon, putain, OK, j’en parle !

Déjà, clarifions un truc : les écharpes à l’effigie de bites, les pulls en laine kitsch pour Noël, et toutes les originalités vestimentaires que l’on appelle mauvais goût et auxquelles on s’adonne parfois, davantage par humour qu’autre chose… je ferai l’impasse dessus. C’est hors sujet. Ici, je voudrais évoquer le goût et les sensibilités artistiques de tout un chacun.

Le mauvais goût… les autres ont un goût de chiotte et moi je suis quelqu’un de si exceptionnel, si raffiné… Comment peut-on exprimer ce genre de connerie ? Non, évidemment, ça ne sera pas mon approche. Le goût est quelque chose de très subjectif. J’ai le droit de me moquer de quelqu’un qui écoute du JuL — et je le fais, allègrement ! Mais je sais bien au plus profond de moi que je ne suis pas meilleur, que lorsque je chante du Lara Fabian dans ma bagnole, ça peut faire marrer tout autant de gens. Bon, soit.

Sans blague, l’album « en toute intimité » est une pure merveille.

Alors, n’entrons pas dans des confrontations brutes d’artistes et d’œuvres, mais essayons de traiter ce sujet délicat de manière objective. Scientifique, même.

Savoir apprécier

Nous ne sommes pas tous aussi bien lotis. Pour ma part, je n’ai aucune capacité à m’exprimer sur la qualité ou le goût d’un Whisky, d’un café ni sur celle d’un vin rouge — bon, le vin blanc, je commence à avoir de la matière.

L’alcoolisme c’est toujours plus rigolo avec des peluches 😉

Donc je ne me permettrai sans doute jamais de me prononcer sur ces domaines. Et même si je trouve que le Taketsuru 17 ans d’âge de chez Nikka qu’on me fait goûter a un goût de détergent… il y a de bonnes chances que ce soit moi qui ne comprenne rien et qu’il faille d’abord revoir toute mon éducation sur le sujet avant de me laisser dire des âneries.

Chacun a donc son ou ses domaines de prédilection, selon ce qui le passionne, ce qu’il a étudié, les domaines dans lesquels il a vu le pire et le meilleur. C’est ce qui distingue le tout venant d’un amateur éclairé.

D’ailleurs, je vous invite à lire un article captivant, beaucoup plus long et mieux documenté que le mien : http://laphiloduclos.over-blog.com/2015/03/l-art-le-jugement-de-gout-a-chacun-son-gout.html. Toutes les intrications entre le beau, le goût, le jugement et la culture y sont largement développées.

Ouais, mais… JuL, quand même !

Et ben ouais. En plus de fumer de la beuh magique, il utilise des sons qui plaisent, il chante incroyablement juste quitte à faire tellement chauffer son autotune que l’on perd la notion de voix et de paroles dans ces sons artificiels. Je ne juge pas hein ! Lui et d’autres ont réussi à capter une audience jeune, peut-être encore non rodée à ce qui fait une mélodie riche et à la qualité d’un vrai timbre de voix.

Encore une fois, je ne critique pas, et je fais tous les efforts du monde pour ne pas me montrer condescendant parce que si j’avais neuf ans aujourd’hui, ça me plairait peut-être aussi ! Sauf que moi, quand j’avais neuf ans, c’était Goldman, Cabrel et Bruel qui éduquaient mes petites oreilles. Et ça me va très bien comme ça.

Du coup… l’ère du mauvais goût ?

Non, pas vraiment. Nos parents, nos grands-parents le disaient déjà : c’était mieux de mon temps ! Et maintenant, c’est à nous de le dire et de le penser avec tout ce que l’on a de sincérité. Et si vous ne le dites pas encore, c’est que vous êtes des petits jeunes, pile la cible des Youtubeurs, instagrammeurs, rappeurs, des innombrables productions Disney/Marvel/Star Wars, etc. Ce n’est pas grave. Au contraire, profitez !

Donc non, si je m’efforce de rester objectif, ce n’est pas une ère du mauvais goût. Plutôt celle de la rentabilité extrême. On vise le contenu artistique qui répond rapidement et le plus largement possible aux codes attendus. On coche les cases des cahiers des charges de nos produits culturels. C’est plus facile de vendre des superhéros au cinéma et des jeux de battle royale sur nos consoles et smartphones, que d’autres œuvres, plus complexes, plus risquées.

Mais réjouissez-vous, ces œuvres-là existent aussi ! Il ne tient qu’à vous de savoir les dénicher et les apprécier.

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