Développement

Tout commence à huit ans

Alors le développement web, en 1991, non, pas vraiment. Mais en revanche, le développement et d’une manière plus large, mon attrait pour l’informatique, a commencé à cette époque. Sur l’Amstrad que m’a donné mon père, je me familarise avec le BASIC, ses GOTO, les premiers tests logiques. Au début il s’agit surtout de recopier depuis de gros manuels imprimés, des lignes de codes, les unes après les autres, espérer ne pas faire de fautes, lancer le programme, y retourner pour y changer des couleurs, des comportements, ajouter du contenu, de la logique, etc.

Fruity Frank - Kuma Software - 1984
Fruity Frank – Kuma Software – 1984

Soyons honnête, je me retrouve tout de même davantage à jouer qu’à développer quoi que ce soit. En même temps, j’ai huit ans ! N’empêche que cela imprime en moi un lien direct entre le plaisir du jeu et la fierté d’avoir su taper au clavier, recopié et compris l’essence du programme, pour le modifier selon l’envie.

Les technologies web

Pendant la fin de mes années de collège, c’est la grande démocratisation d’Internet, du modem 56k, des sites aux couleurs fantastiques et au code hyper simple. Je m’y plonge. Ah, mais il faut apprendre ce qui va avec, si l’on veut faire du HTML : les protocoles HTTP et FTP notamment. Pas un souci, apprenons. De toute façon j’ai plein de temps, je n’avais pas prévu de réviser quoi que ce soit pour mon brevet des collèges.

Le lycée

Rapidement, je me retrouve enseveli sous un million de technologies et de langages qui gravitent dans mon univers virtuel. Il me faut absolument apprendre le JavaScript pour pouvoir faire des magnifiques effets d’étoiles qui suivent le curseur de ma souris. J’utilise mIRC pour discuter avec des potes par-ci et par-là ; c’est génial… Ah, mais on peut customiser mIRC ? Très bien, je veux le faire aussi ! Et me voilà enchaînant des dizaines de milliers de lignes de codes en plug-ins et gadgets permettant de faire la pluie et le beau temps, des takeovers, de l’admin, de l’ASCII-art et des dialogues chiffrés sur les salons IRC.

CoolScript v4.0, par Tititor et moi-même - 2002-2003
CoolScript v4.0, par Tititor et moi-même – 2002-2003

Et lorsque je suis en cours, je continue à coder… Parfois sur ma TI-80 : des jeux, des tamagochis, des petits programmes rigolos, tandis que la plupart de mes camarades ne font qu’y recopier bêtement ce que raconte le prof. Mais souvent je me retrouve à écrire au stylo, des dizaines, voire des centaines de lignes de la dernière version de mon client mIRC ou de mes premiers sites web, sur des pages normalement destinées aux cours de maths, de français ou autre, avant de les recopier le soir même sur mon ordinateur.

Le BTS

C’est au tout début du BTS que j’étudie le PHP ; ce langage ne me quittera plus. J’ai créé des dizaines de sites et applications web, pour le plaisir, pour le loisir, pour le défi d’atteindre à chaque fois un objectif un peu plus ambitieux. J’apprends que le JavaScript ne sert pas qu’à faire des trainées d’étoiles à la con derrière une flèche blanche. Je découvre et adopte également le CSS. Encore un truc tellement simple et élégant, pourtant si puissant et absolument indispensable.

L’âge adulte

J’ai toujours cette approche ludique du développement, mais pas uniquement. J’ai créé quelques sites web pour des petites entreprises. Finalement, j’ai rapidement arrêté : le dialogue avec les clients est souvent difficile et il y a trop d’inertie dans les échanges pour pouvoir avancer à la vitesse à laquelle je souhaiterais. Je fais donc mes propres sites, mes propres outils, en fonction de mes besoins. C’est beaucoup mieux ainsi.

Dans mon activité d’ingénieur système, j’utilise PHP au même titre que d’autres langages de scripting que j’ai également appris ces dernières années. Tous ces outils me permettent de créer simplement des automatismes réalisant des tâches complexes ou souvent rébarbatives. Bingo, plus de temps libre sur YouTube !

Quant à ce site, j’aimerais dire que je l’ai développé tout seul, mais ce serait mentir. Je suis parti d’un template déjà tout fait, je l’ai légèrement adapté, mais globalement j’ai dépensé beaucoup plus d’énergie sur le fond que sur la forme. C’est ça aussi être un développeur adulte : savoir quand l’effort est nécessaire et quand on peut se contenter d’utiliser le fruit de l’effort des autres.